Mort embryonnaire, Retours en chaleurs |
Naissance d?un veau normal |
La BVD
La diarrhée virale bovine, ou BVD, est une cause importante de maladies en élevage. En effet, on estime que plus de 50% des bovins français sont déjà entrés en contact avec le virus. De part sa forte prévalence et son pouvoir pathogène complexe et sournois, elle peut engendrer d'importantes pertes économiques.
Connaitre son adversaire ...
L'agent responsable de la BVD est un virus spécifique aux ruminants, et seuls les bovins sont touchés par la maladie. Assez fragile, il est peu résistant en milieu extérieur. Il existe de nombreuses souches, assez similaires pour qu'une immunité croisée puisse s'installer, mais tout de même très différentes sur le plan pathogène : elles peuvent se traduire par des infections, la plupart du temps asymptomatiques, ou parfois par des affections plus dramatiques.
Comment se transmet le BVD ?
Un animal malade peut excréter le virus dans toutes ses sécrétions. La transmission se fait principalement par contact direct, au travers des sécrétions nasales. Mais la contamination peut également se faire via le placenta et les eaux foetales. La BVD peut ainsi être transmise à l'embryon ou au foetus au travers du placenta ! Cette contamination « transplacentaire » ne peut avoir lieu, que si la vache gestante se retrouve confrontée au virus pour la 1ère fois de sa vie. Les conséquences sont variables selon le stade de gestation lors de l'infection.

Et comment mon cheptel peut-il se contaminer ?
La contamination se fait essentiellement entre un bovin porteur du virus (IPI, virémique transitoire ou vache gestante, porteuse d'un IPI) et un bovin jusqu'alors séronégatif (non-vacciné ou n'ayant jamais été en contact avec le virus). Le risque le plus important est représenté par l'introduction ou la réintroduction d'animaux, suite à des achats, pensions, concours ou prêts.
La contamination par le voisinage, par un contact « mufle à mufle », entre bovins de parcelles voisines, est également un risque non-négligeable.
A quoi faut-il s'attendre ? Quels signes évocateurs dois-je surveiller ?
Les conséquences d'une contamination peuvent avoir plusieurs visages. Il faut garder en tête ces deux cas de figure :
· La contamination d'un animal non-gestant et n'ayant jamais été en contact avec le virus auparavant, en fera un excréteur du virus, sur une durée d'environ 2 semaines, pour ensuite l'immuniser.
· La contamination d'un animal gestant et n'ayant jamais été en contact avec le virus auparavant, aura des conséquences plus lourdes : certes il n'excrétera que pendant 2 semaines et se fera une immunité par la suite, mais les risques de complications de la gestation sont énormes !
Il n'y a aucun signe clinique entièrement spécifique à la BVD. Mais certains signes, comme la maladie des muqueuses, ou la naissance de veaux malformés (yeux, membres, cervelet ...), doivent immédiatement orienter les suspicions sur de la BVD. Il ne faut également pas négliger les signes d'appels plus vagues, comme des troubles de la reproduction, des avortements, des diarrhées chez les veaux ou des affections respiratoires, pour lesquels la BVD fait seulement partie d'une longue liste de causes possibles.
Et qui sont ces IPI et ces virémiques transitoires ? 
Les IPI et les animaux virémiques transitoires représentent le principal risque de contamination d'une exploitation.
Les I.P.I. sont de véritables « bombes à virus » ! Ce sont des veaux, nés de mères contaminées par la BVD pendant la gestation. Ils ont été infectés entre le 40ème et le 120ème jour de leur vie de foetus. Ils considèrent le virus comme partie intégrante de leur corps : leur système immunitaire le tolère et le laisse se multiplier. Ainsi, un IPI nait IPI et le reste à vie ! Ils meurent souvent avant l'âge de 2 ans de la maladie des muqueuses. Elle se caractérise par une forte diarrhée, parfois accompagnée de saignements, et qui n'arrive pas à être traitée. On observe aussi des lésions sur les muqueuses buccales, des ulcères entre les onglons etc. Elle se résulte par une mort certaine après environ 10 jours.
Les virémiques transitoires sont, eux, des animaux non-IPI, qui subissent une simple infection par le BVD. Il est porteur du virus et infectieux pendant environ 2 semaines. Une fois cette période passée, l'immunité acquise est durable, et l'animal ne présente plus de danger pour les autres.
Quels sont les moyens de dépistage à ma disposition ?
Le dépistage peut se faire au travers d'analyses (sérologie ou virologie) réalisées sur sang ou sur lait. Mais attention, l'interprétation des résultats reste très difficile ! Il faut tenir compte de l'analyse demandée, de l'âge, du stage physiologique, du statut vaccinal etc ? Alors demandez conseil à votre vétérinaire.
Que puis-je faire pour protéger mon troupeau ?
Avant tout, il faut limiter les risques de contamination du cheptel et donc surtout limiter l'introduction d'animaux porteurs (IPI ou virémiques transitoires) ou d'une femelle gestante, porteuse d'un futur IPI, lors d'achat, retour de pension ou foire.
· Quarantaine systématique, (2 semaines minimum)
· ET virologie PCR lors du contrôle à l?introduction (Billet Garantie Conventionnelle)
· OU demander une attestation « animal non-IPI » + sérologie.
Le risque par le voisinage reste très difficile à maîtriser. Pour contrer le risque de contamination des femelles gestantes, très lourd de conséquences, il faut leur réserver les parcelles les moins à risque (sans voisinage direct) et penser à leur procurer éventuellement une couverture vaccinale.
Et comment procéder pour faire le point, ou pour surveiller la circulation du virus dans mon troupeau ?
Il n'existe pas encore de protocole départemental de suivi de la BVD. Mais de façon volontaire, on peut prendre l'initiative de surveiller annuellement son cheptel. Pour cela, on peut choisir quelques animaux (une dizaine), des veaux âgés entre 8 et 12 mois, qui seront, en cas de forte séropositivité, les témoins d'un passage du virus dans l'année passée. A partir de là, la recherche des causes probables, ainsi que la présence d'éventuels IPI, présents ou à naître, sera à planifier.
La BVD circule dans nos cheptels. Pour limiter les lourdes pertes économiques qu'elle peut engendrer, nous devons rester alertes et veiller à respecter les précautions sanitaires indispensables, surtout lors d'introduction d'animaux.