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- L'actualité SANTE ANIMALE -
le 6 Février 2012
LE VIRUS DE SCHMALLENBERG
Un nouveau virus découvert en Europe du Nord
et les premiers cas en France !
Dans le nord-ouest de l'Allemagne, depuis août dernier, aux Pays-Bas et maintenant en Belgique, au Royaume-Uni et en France, des troubles de santé, jusqu'alors inexpliqués, ont été remarqués chez des bovins, ovins et caprins. Un tout nouveau virus a pu être découvert chez ces animaux malades : le « virus de Schmallenberg » !
L'histoire d'une découverte
Tout a commencé par une accumulation de troubles chez des vaches laitières entre août et septembre 2011, près de Dortmund en Allemagne. Caractérisés par de fortes fièvres au-delà de 40°C et de fulgurantes chutes de lait pendant quelques jours, ces cas groupés étaient parfois aussi accompagnés de diarrhées et d'avortements. Parallèlement, aux Pays-Bas, dans presque 80 exploitations, on recensait des cas groupés, avec des symptômes similaires à ceux détectés en Allemagne, chez des bovins. De part la ressemblance de la maladie avec la Fièvre Catarrhale Ovine, des investigations très poussées ont été mises en oeuvre pour en identifier la cause.
C'est seulement en novembre 2011 que le laboratoire de référence allemand (FLI) a réussi à identifier un nouveau virus de la famille des Orthobunyavirus. Il a provisoirement été nommé « virus de Schmallenberg », du nom de la ville où ont été découverts les premiers cas.

Puis début décembre 2011, c'est la Belgique qui a déploré la naissance d'agneaux malformés dans une vingtaine d'exploitations proches des frontières hollandaises et allemandes. Les investigations ont permis de détecter le virus de Schmallenberg sur les avortons. Des premiers cas caprins ont également été découverts.Tout récemment, le 23 janvier 2012, le Royaume-Uni annonçait l'apparition de 4 foyers ovins. Et quelques jours plus tard, la France aussi informait de ses tout premiers foyers de la « maladie de Schmallenberg » dans 26 exploitations ovines du Nord de la France.
Les Orthobunyavirus
Les virus connus de la famille Orthobunyavirus sont surtout présents en Afrique, Asie et Australie. Ils touchent, pour la plupart, les bovins, ovins et caprins. Les virus les plus proches de ce « virus de Schmallenberg » ne sont pas zoonotiques, donc n'atteignent pas l'homme. Ils provoquent généralement de légers symptômes, excepté lorsqu'ils touchent des femelles gestantes. Là, ils peuvent déclencher des avortements ou des malformations foetales : raideurs articulaires, raccourcissement des tendons, déformations de la mâchoire, malformations cérébrales ... Les virus de ce type sont généralement transmis pour des moustiques, moucherons ou des tiques.
Les connaissances sur le « virus de Schmallenberg » sont encore un peu floues : elles découlent principalement de l'observation des premiers cas cliniques, des résultats initiaux des recherches faites récemment en laboratoire, ainsi que des points communs entre les virus de cette famille virale. Néanmoins, certaines données concernant ce nouveau virus nous sont encore inconnues, comme sa capacité de diffusion et son impact potentiel dans nos élevages.
Deux formes cliniques rapportées
Suite aux investigations récentes sur ce nouveau virus, il semblerait y avoir deux formes cliniques :
· d'une part, la forme aiguë, se traduisant par des épisodes fiévreux, une baisse d'état, d'appétit et d'une forte chute de la production laitière. Celle-ci, plus fréquente dans les mois d'été, serait directement due à la virémie suivant la piqûre de moucheron.
· d'autre part, la forme plus tardive, caractérisée par des avortements et des malformations foetales. Cette forme, observée en hiver (en ce moment !), serait la conséquence décalée de l'infection des mères gestantes au cours de l'été ou de l'automne.
La situation en France, la surveillance en Limousin.
Les premiers cas ont été détectés en France la 25 janvier 2012. Au 3 février, 50 foyers étaient confirmés dans 14 départements du Nord de la France. Face à l'apparition et surtout à l'avancée de cette maladie, un protocole de surveillance clinique a été activé sur tout le territoire français par la DGAl, dès le 4 janvier.
Ce plan prévoit des mesures différentes selon les régions. En effet, dans le bandeau nord-est proche de la Belgique et de l'Allemagne (Alsace, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Champagne-Ardenne), chaque cas bovin/ovin/caprin d'avorton ou nouveau-né malformé (photos ci-dessous), ainsi que chaque nouveau-né présentant des troubles neurologiques doit être notifié.

En Limousin, c'est seulement à partir du deuxième cas suspect dans une même exploitation et sur une période de 3 mois, que la démarche de dépistage doit être engagée. Votre vétérinaire sanitaire a été informé des prélèvements à effectuer pour le diagnostic.
Ce plan de surveillance demande donc votre implication !
Ø Signalez à votre vétérinaire tout avorton ou nouveau-né malformé, ainsi que tout nouveau-né présentant des signes neurologiques (paralysie, mouvements exagérés, incoordination des mouvements, difficulté à téter ...)
Ø A partir du 2ème cas en 3 mois.
Votre Vétérinaire et la CDAAS sont à votre disposition pour tout renseignement.
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