Les maladies respiratoires Connaître ? Agir ? Prévenir
- Essoufflement, toux, nez qui coule, baisse d'appétit, fièvre, ou pire encore, détresse respiratoire et mortalité : tous les éleveurs connaissent bien et redoutent ce tableau si caractéristique de ces affections qualifiées « grippe » ou « pasteurellose ».
Peu importe le nom, quand la maladie est là, le résultat est toujours à peu près le même : moral en berne, surcroît de travail et lourdes pertes économiques
- Qu'il s'agisse de bovins ou d'ovins, les maladies respiratoires touchent surtout les jeunes animaux, âgés de quelques jours à moins d'un an. Elles se manifestent plutôt pendant la mauvaise saison sous forme d'épidémies récurrentes. Elles sont dues à l'action conjuguée d'agents infectieux spécifiques et de causes favorisantes.
- Les agents infectieux responsables sont d'origine virale ou bactérienne.
è Chez les bovins, les principaux virus sont le virus respiratoire syncytial (RSV) qui est présent dans 70% des cas, le parainfluenza 3 (PI3), le virus de l'IBR. Le virus de la BVD intervient aussi fréquemment mais il est plutôt considéré comme un cofacteur aggravant. Pour les bactéries, ce sont essentiellement celles de la famille des pasteurelles. Le plus souvent, ces différents agents sont associés. è Chez les ovins, l'essentiel des infections respiratoires est du à des pasteurelles spécifiques qui sont d'ailleurs différentes de celles rencontrées chez les bovins
- Les causes favorisantes sont toutes celles qui affaiblissent les animaux. Le premier élément à considérer est l'ambiance du bâtiment en sachant qu'une aération insuffisante, des courants d'air, une humidité excessive, le dégagement d'ammoniac, la présence de poussières sont autant d'éléments qui fragilisent les animaux. Le stress du sevrage, de l'allotement, une concentration animale excessive, un changement climatique brutal sont aussi des facteurs favorisants majeurs.
- Genèse d'une épidémie : Le plus souvent, le agents infectieux sont naturellement présents dans tous les élevages (« le loup est en permanence dans la bergerie »). Ils sont portés par quelques animaux de façon inapparente (on dit que ce sont des animaux réservoirs). Sous l'effet des causes favorisantes citées plus haut, les animaux s'affaiblissent et le agents infectieux en profitent pour se multiplier. Les animaux porteurs deviennent alors excréteurs et vont rapidement contaminer les autres animaux du lot.
A noter que dans certains cas les agents infectieux peuvent aussi être amenés par un animal introduit.
- Lorsqu'une épidémie éclate, l'important est d'agir rapidement :
è diminuer la ration, corriger les points critiques pour améliorer le confort des animaux è prendre la température des malades et de quelques autres animaux du lot. La décision de traiter les animaux malades ou éventuellement tous les animaux du lot si plus de 20% sont atteints (métaphylaxie) sera prise avec le vétérinaire. è des prélèvements pourront être réalisés pour affiner le diagnostic et orienter la prévention
- En matière de maladies respiratoires, la prévention doit être privilégiée. Elle s'appuie sur des mesures sanitaires et sur la vaccination. Les deux sont nécessaires et complémentaires.
è les mesures sanitaires sont toutes celles susceptibles de réduire le stress des animaux et d'assurer leur confort et leur bien-être. Les précautions à prendre (isolement) lors d'introduction d'animaux viennent compléter ce chapitre. è la vaccination est le complément indispensable. Pour les bovins, les vaccins disponibles sont nombreux. Certains ne contiennent qu'un agent viral (Rispoval RS) ou bactérien (Pastobov, Rispoval Pasteurella, Lysopast), d'autres deux agents (Rispoval RS BVD et Rispoval RS PI3 intranasal). Deux vaccins contiennent 3 agents (Bovilis bovigripp et Rispoval 3). Un choix devra être fait avec le vétérinaire. Il sera fondé notamment sur l'historique sanitaire de l'élevage. Pour les ovins, la démarche est simplifiée car il n'existe que 2 vaccins anti-pasteurelliques : le Lysopast et l'Ovilis ovipast. |