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Coopérative Départementale Agricole d'Action Sanitaire de la Haute-Vienne

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DIARRHEES NEONATALES DU VEAU

 

Volet 1 : Les principaux germes

 

La diarrhée néonatale des bovins constitue l’une des causes majeures de mortalité chez les veaux âgés de moins d’un mois. Par ailleurs, les veaux survivants sont généralement plus fragiles aux autres maladies (affections respiratoires notamment), leur GMQ est souvent réduit, et, pour les femelles, l’âge au premier vêlage est retardé…

Les conséquences économiques de cette affection sont donc importantes, sans compter l’atteinte psychologique sur certains éleveurs.

La C.D.A.A.S. vous propose une série d’articles sur ce sujet comprenant les principaux agents responsables de diarrhée, les moyens diagnostiques et la prévention des diarrhées néonatales.

 

Principales causes infectieuses de diarrhées néonatales

Bactéries, virus ou parasites sont autant de microbes responsables de diarrhées. L’association de plusieurs micro-organismes est fréquente, les symptômes étant d’autant plus sévères.

Ø  Bactéries : les colibacilles ou Escherichia coli

Il s’agit de bactéries naturellement présentes dans les intestins. La plupart des souches de colibacilles sont inoffensives mais certaines peuvent exprimer un facteur de virulence (F5, F17 ou CS31A) et s’avérer particulièrement pathogènes. C’est le cas de la souche Escherichia coli type F5 qui affecte les veaux dans les 5 premiers jours de vie. Sans traitement, le taux de mortalité peut dépasser 50 %. Le traitement de cette diarrhée repose sur des antibiotiques qui doivent être choisis en fonction des résultats d’un antibiogramme, car de nombreuses souches de colibacilles présentent des résistances aux antibiotiques.

 

Ø  Virus : Rotavirus et Coronavirus

Les rotavirus, s’ils interviennent seuls, engendrent souvent une diarrhée peu sévère pouvant rétrocéder spontanément en quelques jours. Malheureusement, ils sont souvent associés à des colibacilles occasionnant des diarrhées plus graves voire de la mortalité.

Les coronavirus sont moins répandus que les rotavirus mais soNt plus dangereux : ils peuvent être mortels dans un cas sur deux.

Il n’existe aucun traitement spécifique contre les diarrhées virales : seul un traitement symptomatique est recommandé.

 

Ø  Parasites : cryptosporidies et coccidies

La cryptosporidiose apparait généralement entre le 4ème et le 10ème  jour de vie et dure environ une semaine. La diarrhée s’accompagne d’un abattement marqué, une faiblesse musculaire, les veaux ont du mal à tenir debout, et engendre parfois la mort de l’animal. Une seule molécule est utilisable en prévention : l’halofuginone.

La coccidiose affecte des veaux d’au moins 3 semaines et se traduit par des retards de croissance ou une diarrhée parfois hémorragique associée à des difficultés pour déféquer. En préventif ou en curatif, des molécules anticoccidiennes sont disponibles.

Ces deux parasites sont très résistants dans le milieu extérieur sous la forme d’ookystes et la plupart des désinfectants classiques aux concentrations usuelles sont inefficaces.

 

Ø  Autres pathogènes :

D’autres germes moins fréquents peuvent être responsables de diarrhées néonatales : des bactéries (salmonelles, clostridies), des virus (torovirus, parvovirus), des parasites (giardia). Ces agents infectieux ne seront recherchés qu’en deuxième intention.

Le virus du BVD peut être responsable de diarrhée transitoire. Il joue également un rôle de cofacteur en diminuant l’immunité des veaux et favorisant ainsi le développement d’autres germes responsables de diarrhée.

 

 

Comment faire la différence entre ces différents agents pathogènes ?

Aux vues des seuls symptômes, il n’est pas possible d’identifier le germe responsable d’une diarrhée. La consistance, la couleur ou l’âge d’apparition de la diarrhée peuvent permettre d’orienter le diagnostic mais en aucun cas le confirmer.

Par exemple, une diarrhée hémorragique sur des veaux de un mois, évoque une coccidiose.

Pour confirmer le diagnostic, l’examen de laboratoire est indispensable. Un prochain article sera dédié à ce thème.

 

Prévalence des principaux germes en Haute-Vienne 

Sur la campagne 2012/2013, près de 200 échantillons de fèces de veaux ont été analysés par le Laboratoire départemental de la Haute-Vienne (LDAR87). 167 bactériologies de fèces, 197 recherches virales (rota et coronavirus) et 182 recherches de cryptosporidies ont été réalisées.

154 Escherichia coli ont été identifiés, parmi ces souches, 52 présentent un facteur de virulence. 45 rotavirus et 16 coronavirus ont été mis en évidence. Enfin, 44 % des recherches de cryptosporidies étaient positives ce qui correspond à 80 prélèvements.

Il en ressort, que les diarrhées liées à la cryptosporidiose sont très fréquentes et représentent plus de 40 % des prélèvements positifs. Le parasite est principalement retrouvé dans la deuxième moitié de la de saison de vêlages, alors que la pression microbienne dans l’environnement est à son maximum.

Parmi, les Escherichia coli identifiés, un sur trois présente un facteur de virulence et sont donc particulièrement pathogènes. Le nombre de résistances des souches de colibacilles aux antibiotiques augmentant, il est nécessaire de réaliser un antibiogramme pour adapter le traitement.

Enfin, les rotavirus sont fréquemment associés à Escherichia coli entrainant des diarrhées plus sévères. Les coronavirus ne sont présents que dans 8% des prélèvements.

 

 

Parce que les seuls symptômes ne suffisent pas à reconnaître le germe responsable,

parce que le traitement et la prévention d’une diarrhée dépendent de l’agent en cause,

il est nécessaire de réaliser des analyses de laboratoire.

Un prochain article présentera l’intérêt des examens de laboratoire.

 

 

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Volet 2 : Identifier rapidement le coupable

 

Mieux connaître son ennemi pour mieux le combattre

 

 

Les causes de diarrhée de veaux sont multiples. Les traitements ainsi que les moyens de prévention sont différents selon qu’il s’agit d’une diarrhée virale, bactérienne ou parasitaire. Il est donc indispensable de connaître la cause d’une diarrhée afin de mettre rapidement en place un traitement adapté et éventuellement prévoir un plan de prévention pour les futurs vêlages.

 

 

Diarrhées néonatales : qui suspecter ?

Lors de diarrhée sur un veau, l’aspect des fèces ou les signes cliniques associés permettent parfois d’avoir une idée du coupable. Par exemple, une diarrhée blanchâtre, plâtreuse, glaireuse associée à un amaigrissement du veau évoque une origine alimentaire. Le tableau ci-dessous, décrit les principales caractéristiques des diarrhées et des signes cliniques associés en fonction des agents infectieux impliqués.

 

 

Agent

Age veau

Aspect diarrhée

Signes cliniques associés

Escherichia coli

pathogène

 

Moins de 3 semaines

Très liquide

Jaune paille

-          Distension abdomen

-          Hyperthermie possible en début d’évolution puis hypothermie

-          Déshydratation intense

-          Mortalité élevée

 

Rotavirus

Liquide à pâteuse

Parfois glaireuse

 

-          Abattement, anorexie

-          Fièvre absente ou modérée

-          Guérison spontanée possible

Coronavirus

Liquide à pâteuse

Jaunâtre

Parfois présence de sang

-          Abattement, anorexie

-          Forte déshydratation

-          Mortalité parfois élevée

 

Cryptosporidies

Pâteuse, mucoïde

Jaune ou verdâtre

Odeur putride

-          Atteinte état général

-          Parfois légère fièvre

-          Mortalité possible

Coccidiose

Plus de 3 semaines

Profuse Hémorragique

-          Atteinte rapide état général

-          Efforts de défécation

-          +/- troubles nerveux

Salmonelles

Tout âge

Très liquide

Noire +/- présence de sang, de fausses membranes

-          Forte fièvre

-          Abattement

-          Anorexie

-          Mortalité élevée

 

Mais malheureusement, reconnaître une diarrhée n’est pas si simple !

En effet, les symptômes ne sont souvent pas caractéristiques, plusieurs microbes peuvent être simultanément impliqués et, par conséquent,  les seules observations cliniques ne suffisent pas pour démasquer, avec certitude, le coupable.

Le recours au laboratoire est alors indispensable.

 

 

Réaliser un prélèvement pour analyse :

Ø  Quand ?

Il est recommandé de réaliser des analyses le plus tôt possible dès l’apparition des premiers veaux malades.

Il est indispensable de réaliser des analyses dès le premier veau mort.

 

Ø  Comment ?

Le prélèvement doit être réalisé sur un animal malade n’ayant pas encore reçu de traitement antibiotique ou antiparasitaire, sans quoi, les résultats d’analyse seront faussés.

Les excréments sont prélevés directement dans l’anus et collectés dans un pot adapté au laboratoire. Il ne faut pas ramasser les fèces sur la litière !

Les échantillons doivent être ensuite identifiés avec la date, le numéro et l’âge du veau, conservés au frais (4°C) mais pas congelés et acheminés dans les 24 heures au laboratoire.

 

 

Ø  Combien ?

Une seule analyse peut parfois s’avérer insuffisante car les veaux peuvent être victimes d’une succession de germes. Si un prélèvement ne donne pas de résultats, et si les troubles persistent, il peut être judicieux de réaliser un deuxième prélèvement.

Par contre, si plusieurs analyses successives ne permettent pas d’identifier un germe, les causes non infectieuses comme la diarrhée alimentaire doivent être investiguées.

           

 

Analyses possibles

En première intention, si les veaux malades ont moins de 3 semaines, seront recherchés les rotavirus, coronavirus, les colibacilles et cryptosporidies. Sur les veaux de plus de 3 semaines, on cherchera d’abord à identifier les coccidies.

En deuxième intention, pourront être recherchés les salmonelles, les giardia…

Le virus du BVD jouant un rôle de cofacteur dans les diarrhées néonatales, sa recherche peut s’avérer judicieuse.

En cas de diarrhées récalcitrantes, penser au BVD !

Antibiogramme

Photo LDAR87

Si Escherichia coli est mis en évidence, il faut s’assurer que la souche isolée par le laboratoire présente bien un facteur de virulence pathogène (par exemple antigène F5, CS31A ou F17) car la présence de colibacilles dans les excréments est normale. De plus, la réalisation d’un antibiogramme est indispensable car de plus en plus de souches d’Escherichia coli sont multi-résistantes aux antibiotiques.

 

Démasquer rapidement le ou les coupable(s) lors de diarrhées néonatales permet de mettre en place un traitement efficace ainsi que des moyens de prévention adaptés pour les vêlages à venir.

Plus l’intervention est rapide, plus la contagion sera limitée et les conséquences de l’épisode diarrhéique réduites.

Un prochain article sera dédié aux moyens de prévention pour lutter contre les diarrhées néonatales.