Signaler les dégâts de blaireau

RÉGLEMENTATION

 

La CDAAS a organisé, jeudi 10 novembre, une réunion consacrée à l’implication du blaireau dans la transmission de la tuberculose bovine.

 

Signaler les dégâts de blaireau

 

L’implication de la faune sauvage dans la propagation de la tuberculose bovine est bel et bien avérée et les questions affluent sur le sujet. De ce constat est née l’idée de consacrer une après-midi à l’espèce sauvage la plus incriminée dans l’affaire, le blaireau. La CDAAS a ainsi organisé, pour la première fois, cette réunion le jeudi 10 novembre au Centre départemental de la chasse et de la nature à Saint-Pardoux-le-Lac. Une vingtaine d’éleveurs, le nombre maximum autorisé, a répondu à l’appel, preuve de l’intérêt pour le sujet.

 


Un partenariat avec la Fédération Départementale de Chasse de Haute-Vienne et la CDAAS a permis l'organisation de l'après-midi au Centre départemental de la chasse et de la nature à Saint-Pardoux-le-Lac.

(Ph. CDAAS)

 

Dans 70 % des cas, une vache tuberculeuse a été contaminée par une autre vache. C’est un fait. Toutefois, la tuberculose bovine est une maladie sournoise, il convient alors de ne pas sous-estimer les autres causes. La faune sauvage joue bien un rôle dans la propagation de la mycobactérie. Ainsi le département de la Haute-Vienne fait l’objet d’une surveillance accrue (il est classé en niveau 3 de surveillance Sylvatub*, le niveau le plus élevé), a présenté Guillaume Richignac, technicien à la DDETSPP 87. En 2022, 110 blaireaux ont été surveillés dont 35 ont été récupérés en bord de route. Classée espèce chassable, les autres sont collectés par vénerie sous terre ou à tir durant les périodes de chasse. Les chasseurs ont donc un rôle prépondérant dans la surveillance du blaireau. Les éleveurs aussi puisqu’ils sont en contact direct avec les dégâts occasionnés par les blaireaux. « Il faut donc nous le faire remonter ! », insiste Guillaume Richignac.

 

Une interdiction possible de la vénerie sous terre

Il est d’autant plus important de signaler les dégâts que « le Sénat examine une proposition d’interdiction de la vénerie sous terre », alerte Philippe Goursaud, agent à l’OFB. « Cette interdiction nous couperait de 95 % de la régulation sur cette espèce. Il va falloir se bouger ! », ajoute-t-il d’un ton inquiet. « On doit pouvoir justifier d’un certain nombre de dommages pour conserver le classement de l’espèce », explique Guillaume Richignac de la DDETSPP 87. « Sur le département, nous avons 12 déclarations de dégâts ce qui représente 1 167 €. Il faudrait que l’on soit à 10 000 € », précise Guillaume Richignac. « Mais je ne savais pas qu’il fallait signaler les dégâts ! », renchérit un éleveur. « Et pourquoi la Chambre n’est pas là aujourd’hui ? », lance un deuxième. Tout éleveur ayant un dégât de blaireau sur son exploitation peut le signaler sur le site de la Fédération des chasseurs de Haute-Vienne.

 


Griffures de blaireau sur un tronc à proximité du Centre départemental de la chasse et de la nature.

(Ph. Sandra Driollet)

 

Pour le signaler, encore faut-il reconnaître l’acte de cet animal nocturne. Il est en premier lieu possible de reconnaître des terriers à proximité. Une « gouttière » à l’entrée du terrier avec de nombreuses gueules est très caractéristique du blaireau. On peut également discerner l’œuvre du blaireau sur les maïs lorsque l’épi est effiloché par ses grandes griffes et non explosé ce qui serait l’acte d’un sanglier. Charognard, le blaireau a également tendance à manger les animaux au vêlage comme le rapporte une éleveuse de Bessines-sur-Gartempe.

 


Une « gouttière » à l’entrée du terrier caractéristique du blaireau.

(Ph. CDAAS)

 

*dispositif national de surveillance de la tuberculose bovine dans la faune sauvage non captiv.

 

SANDRA DRIOLLET


18 novembre 2022


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